
Je suis coiffeuse. Alors quand je voyage, je regarde les cheveux des gens. C’est plus fort que moi. Et à force, j’ai commencé à poser des questions, à tester des trucs, et à revenir avec la valise pleine de flacons bizarres. Voilà ce que j’ai appris. ✨
Un truc que j’ai compris en voyageant : partout, les femmes ont mis au point des gestes pour prendre soin d’elles avec ce qu’elles avaient sous la main. De l’argile, du lait, de l’huile, du soleil. Et une bonne partie de ce que l’industrie cosmétique nous vend aujourd’hui à 40 € le flacon, c’est ça, en version marketing.
Alors on part faire le tour. Je te préviens tout de suite : certains rituels, je les ai vécus, et je te raconte. D’autres, je les ai juste croisés, et je te le dis aussi. 🙂
Asie : là où j’ai le plus appris
Thaïlande — le massage thaï, et tout ce que je ramène dans ma valise 💆♀️
C’est ma destination de cœur, j’y retourne encore et encore, et je crois que je n’ai jamais fait un seul voyage là-bas sans enchaîner les massages.
Le massage thaï traditionnel, le vrai, ce n’est pas un massage relaxant. On te met un pyjama en coton, tu t’allonges sur un tapis au sol, et une dame de 50 kg te plie dans des positions que tu ne pensais pas possibles. Elle utilise ses coudes, ses genoux, ses pieds. Ça craque. Parfois ça fait mal. Et tu ressors avec l’impression d’avoir été démonté puis remonté correctement.
Ce n’est pas un soin de beauté au sens où on l’entend en France. C’est une pratique de santé, enseignée dans les temples, qui travaille les lignes d’énergie du corps. Mais l’effet sur la peau et sur le teint après une semaine à ce régime, il est bien réel. Tu dors mieux, tu circules mieux, ça se voit.
Si tu veux la version douce, demande un massage à l’huile plutôt qu’un massage thaï sec. Et si tu veux la version premium, cherche les compresses d’herbes chaudes : des baluchons de tissu remplis de citronnelle, de curcuma, de camphre et de tamarin, chauffés à la vapeur, qu’on applique sur le corps. C’est chaud, ça sent divinement bon, et ça détend tout.
À Bangkok, tu en trouves à tous les coins de rue — j’en parle dans mon guide de Bangkok en 3 jours. À Chiang Mai, la qualité est souvent meilleure pour moins cher, va voir mon article sur Chiang Mai. Et à Koh Samui, tu peux te faire masser les pieds dans le sable, ce qui reste ma définition personnelle du bonheur : c’est dans que faire à Koh Samui.
Ce que je ramène systématiquement de Thaïlande :
- L’huile de coco vierge. La vraie, celle des marchés, pas celle du supermarché. Je m’en sers en bain d’huile sur les longueurs, deux heures avant le shampoing. Sur cheveux épais et secs, c’est imbattable.
- L’aloe vera. En gel pur. Après-soleil, apaisant, et excellent sur les cuirs chevelus irrités.
- Le baume du tigre. Bon, celui-là ce n’est pas de la beauté, c’est de la survie. Migraine, piqûres de moustique, nuque bloquée après onze heures d’avion. J’en ai toujours un dans le sac.
Pour savoir où les acheter sans se faire avoir, j’ai détaillé tout ça dans où faire du shopping à Bangkok.
💡 Le conseil voyage de Jipsee : l’huile de coco, tu la mets sur cheveux secs, jamais mouillés. Sur cheveux humides, l’eau bloque la pénétration de l’huile et tu ne fais que graisser la surface. Deux heures minimum, une nuit c’est mieux. Et deux shampoings pour rincer, sinon tu ressors avec la tête d’une frite.

Sri Lanka — l’ayurvéda et la découverte de Spa Ceylon 🌿
Le Sri Lanka, c’est le pays où j’ai compris que l’ayurvéda n’était pas un truc de bobo parisienne mais une médecine vieille de plusieurs milliers d’années, encore pratiquée au quotidien.
Le rituel central, c’est l’abhyanga : un massage à l’huile chaude, appliquée sur tout le corps par deux praticiens qui travaillent en miroir. L’huile est choisie selon ton profil — ta constitution, ce qu’ils appellent ton dosha. Le geste est long, lent, enveloppant. Rien à voir avec la Thaïlande.
Et puis il y a le shirodhara : un filet d’huile tiède versé en continu sur le front, pendant quarante minutes. Sur le papier ça paraît étrange. En vrai, tu pars complètement.
Côté cheveux, la tradition locale, c’est le bain d’huile — coco, sésame, ricin, souvent infusée aux plantes — massé longuement sur le cuir chevelu. Les Sri-Lankaises le font depuis l’enfance, une à deux fois par semaine. Et quand tu regardes leurs cheveux, tu comprends pourquoi elles continuent.
Ma trouvaille là-bas : Spa Ceylon. C’est à Negombo que je suis tombée dessus, un peu par hasard. Une marque ayurvédique sri-lankaise, avec des boutiques magnifiques, un peu comme des apothicaires de luxe. Les huiles, les baumes, les savons, les infusions. J’ai dévalisé. C’est plus cher que le marché local, mais la qualité et les packagings font que ça reste, pour moi, le meilleur souvenir à rapporter du pays. Je te raconte la ville dans mon carnet de voyage à Negombo, et la liste complète de ce que je ramène est dans les souvenirs à rapporter du Sri Lanka.
Tu trouves des centres ayurvédiques un peu partout, notamment autour de Kandy et sur la côte à Mirissa. Et si tu prépares ton itinéraire, mon Sri Lanka en 15 jours te donne le cadre.
Hong Kong et la Chine — le gua sha, les tisanes, et la fameuse soupe de serpent 🐍
Ici, on ne sépare pas la beauté de la santé. Ce que tu manges, ce que tu bois, ce que tu masses : tout participe au même équilibre.
Le gua sha, tu l’as forcément vu passer sur les réseaux. C’est cette petite pierre plate, souvent en jade ou en quartz, qu’on fait glisser sur le visage pour drainer. Sauf que la version originale n’a rien à voir avec la version Instagram : le vrai gua sha traditionnel se pratique sur le corps, avec une pression forte, et laisse des marques rouges. La version visage, douce, est une adaptation moderne. Elle fonctionne quand même sur les gonflements du matin, je ne vais pas dire le contraire.
Les boutiques de tisanes médicinales, c’est un des trucs que je préfère à Hong Kong. Des murs entiers de tiroirs en bois, des racines, des écorces, des champignons séchés. Tu décris ton problème, on te compose un mélange. C’est de la médecine traditionnelle chinoise, et une bonne partie concerne la peau, les cheveux, la circulation.
Et la soupe de serpent. Alors oui. À Hong Kong, on mange traditionnellement de la soupe de serpent en hiver, parce qu’elle est réputée réchauffer le corps, activer la circulation et — c’est là que ça nous concerne — donner bonne mine et fortifier la peau. Les quelques boutiques historiques qui en servent encore sont devenues des institutions. Je t’emmène voir tout ça dans mon article Hong Kong insolite.
Et Shenzhen ? Là, on change complètement de registre, et c’est mon côté coiffeuse qui parle. Shenzhen, c’est la capitale mondiale de l’électronique, et donc aussi celle des appareils de beauté : sèche-cheveux, lisseurs, boucleurs, appareils de soin du visage, masques LED. Des marchés entiers, des étages entiers. J’y vais en septembre justement pour aller fouiller là-dedans avec mon œil de pro, et je te ferai un article dédié au retour. Parce qu’entre le matériel qui vaut vraiment le coup et la copie qui te crame les cheveux en trois utilisations, il y a un monde. 🔌
Japon — les onsen, la J-beauty et l’eau de riz ♨️
Le Japon, c’est le pays qui a poussé le rituel de soin le plus loin. Là-bas, se laver n’est pas une corvée expédiée en quatre minutes, c’est un moment.
L’onsen, ce sont les bains d’eau thermale volcanique. Tu te laves entièrement assise sur un petit tabouret avant d’entrer dans le bain — l’eau du bassin est là pour se détendre, pas pour se nettoyer. Puis tu trempes. Les eaux sont chargées en minéraux différents selon les sources : soufre, fer, bicarbonate, chacune avec ses vertus supposées sur la peau.
⚠️ Le truc à savoir absolument : beaucoup d’onsen refusent encore les personnes tatouées, à cause de l’association historique entre tatouage et pègre. Ça bouge, il existe des établissements tattoo-friendly et des bains privatifs qu’on peut réserver, mais tu ne peux pas débarquer en espérant que ça passe. Moi ça me concerne directement, et je te raconterai comment je m’en suis sortie dans un article dédié au retour de mon voyage.
La J-beauty, c’est l’autre pilier. Contrairement à la K-beauty coréenne, spectaculaire et joyeusement bordélique, l’approche japonaise est minimaliste et obsédée par deux choses : le nettoyage et la prévention. Le double nettoyage — une huile démaquillante, puis une mousse — vient de là. La lotion avant la crème aussi. Et les Japonaises se protègent du soleil toute l’année, tous les jours, ce qui est probablement le vrai secret derrière les peaux qu’on leur envie.
L’eau de riz, enfin. C’est le rituel des geishas, transmis depuis des siècles : l’eau de rinçage du riz, fermentée, utilisée en lotion sur la peau et en rinçage sur les cheveux. Là je mets ma casquette de coiffeuse : ça fonctionne réellement, mais pas par magie. L’eau de riz fermentée contient de l’inositol, qui gaine la fibre capillaire. Résultat, des cheveux plus brillants et plus lourds. Attention si tu as les cheveux fins, ça peut les alourdir. Et n’en abuse pas, une fois par semaine c’est largement suffisant.
Pour le shopping, les drugstores japonais sont une caverne d’Ali Baba. Les Don Quijote surtout, ouverts la nuit, avec des rayons entiers de soins à des prix qui n’ont rien à voir avec ce qu’on paie ici. Je te fais un article complet là-dessus au retour, avec ce que j’ai ramené et ce que ça vaut vraiment.

Moyen-Orient et Afrique du Nord : la beauté comme moment social
Maroc — le hammam, et le souvenir qui me poursuit 🧼
Mon hammam marocain, je l’ai fait à Agadir. Ça remonte à loin, bien avant le blog, je n’ai pas une seule photo. Mais je m’en souviens comme si c’était hier, et je crois que c’est justement ça qui en dit long.
Parce qu’il faut être honnête : un hammam traditionnel, ce n’est pas un spa. Tu entres dans une salle chaude et humide, tu t’installes au sol, on t’enduit de savon noir, tu laisses poser. Et ensuite arrive la dame au gant. Le kessa, ce gant en crin qui gratte comme du papier de verre. Elle te frotte. Fort. Et sous tes yeux, des rouleaux de peau morte se détachent, ce qui est à la fois profondément humiliant et bizarrement satisfaisant.
Tu ressors avec une peau que tu ne t’es jamais connue. Lisse à un point ridicule. Et légèrement traumatisée, mais dans le bon sens.
Autour de ce rituel gravitent trois ingrédients que j’utilise encore aujourd’hui :
- Le savon noir, à base d’olives noires et de potasse. Il ramollit la peau et prépare le gommage. Trois euros le pot, et il dure des mois.
- Le ghassoul, une argile de l’Atlas. En masque sur les cheveux, il lave sans détergent. C’est le shampoing d’avant les shampoings. Sur cheveux gras ou cuir chevelu réactif, je le recommande vraiment.
- L’huile d’argan, la reine. Attention à bien distinguer l’argan cosmétique (pressé à froid, à mettre sur la peau et les cheveux) de l’argan alimentaire (torréfié, avec une odeur de noisette). Ce ne sont pas les mêmes et les gens se trompent tout le temps.
Ce qui m’a marquée au-delà du soin, c’est que le hammam est un lieu social. Les femmes y passent des heures, elles discutent, elles s’occupent les unes des autres. La beauté n’y est pas une performance solitaire dans une salle de bains. C’est un moment collectif.
Égypte — le bain de lait et les huiles parfumées 🏺
Cléopâtre et ses bains de lait d’ânesse, tu connais l’histoire. Ce qui est amusant, c’est que derrière la légende il y a une vraie logique : le lait contient de l’acide lactique, un AHA, exactement ce qu’on retrouve aujourd’hui dans les exfoliants chimiques haut de gamme. Les Égyptiennes avaient trouvé l’ingrédient sans en connaître le nom.
Le reste de la panoplie égyptienne antique tenait aux huiles parfumées — moringa, ricin, encens, myrrhe — utilisées autant pour la peau que dans les rituels religieux. Et bien sûr le khôl, qui n’était pas seulement esthétique : les composés qu’il contenait avaient un effet protecteur contre les infections oculaires sous le soleil du désert.
Aujourd’hui, tu retrouves une partie de cet héritage dans les souks et sur les bateaux du Nil, où l’on te propose des huiles essentielles en pagaille. Je te préviens gentiment : il y a de tout, et surtout beaucoup de mélanges très dilués vendus au prix de l’huile pure. Ma croisière est racontée ici : croisière sur le Nil.

Israël — la mer Morte 🧂
Celle-là, c’est probablement le seul endroit du monde où le rituel beauté est le paysage lui-même.
L’eau de la mer Morte est dix fois plus salée que celle de la Méditerranée, saturée en magnésium, potassium et calcium. Tu flottes sans effort, ce qui est une expérience assez comique la première fois. Et la boue noire des rives est utilisée depuis l’Antiquité en cataplasme, réputée pour les peaux à problèmes — au point que des dermatologues y envoient encore des patients atteints de psoriasis.
Deux avertissements de terrain. Ne te rase pas la veille, sauf si tu aimes la douleur pure. Et ne mets pas la tête sous l’eau, l’eau salée dans les yeux à cette concentration, c’est une expérience dont on se passe. Mon article sur Tel Aviv te donne le contexte de la région.
Émirats — le henné, l’oud et les spas démesurés ✨
À Dubaï et Abu Dhabi, deux mondes cohabitent.
D’un côté la tradition : le henné, appliqué en motifs sur les mains et les pieds avant les mariages et les fêtes, à la fois ornement, porte-bonheur et soin — le henné neutre est d’ailleurs un excellent gainant capillaire, il épaissit la fibre sans colorer. Et l’oud, ce bois précieux dont on brûle les copeaux pour parfumer les vêtements, les cheveux et les intérieurs. L’odeur est puissante, boisée, et te colle à la peau pendant des jours.
De l’autre, les spas de palace, où l’on t’enveloppe dans de l’or et où le soin d’une heure coûte le prix d’un vol. C’est du grand spectacle, et si tu as envie de t’offrir ça une fois dans ta vie, c’est là qu’il faut le faire. Tout est dans visiter Dubaï en 5 jours et visiter Abu Dhabi.

Europe : on a aussi nos secrets
Venise — les altane et l’invention du blond vénitien 💛
Alors ça, c’est ma découverte préférée de tout l’article.
Quand tu te balades dans Venise et que tu lèves les yeux, tu aperçois de petites terrasses en bois posées sur les toits. Ça s’appelle des altane. Et à la Renaissance, elles n’étaient pas là pour l’apéritif : les Vénitiennes y montaient l’après-midi pour faire blondir leurs cheveux au soleil.
Le dispositif est génial. Elles portaient une solana : un grand chapeau de paille dont on avait retiré le fond. Les cheveux passaient par le trou et s’étalaient sur les larges bords, exposés au plein soleil, pendant que le visage restait à l’ombre. Parce qu’à l’époque, le teint pâle était le signe qu’on n’était pas une paysanne. Cheveux dorés, peau blanche : le combo social absolu.
Pour accélérer, elles s’enduisaient les cheveux de jus de citron, de safran, parfois d’alun. Et le résultat, ce blond chaud tirant sur le cuivré, c’est celui qu’on voit sur toutes les toiles de Titien. D’où le nom qui nous est resté : le blond vénitien.
Tu croiseras aussi partout l’histoire selon laquelle elles utilisaient de l’urine de cheval comme éclaircissant. C’est répété dans tous les guides, mais c’est très mal sourcé, et je te laisse décider si tu veux y croire. 😄
Maintenant, ma casquette de coiffeuse. Le citron au soleil, ça marche vraiment — l’acide citrique dégrade la mélanine sous l’effet des UV. Mais il ouvre aussi les écailles de la fibre capillaire et la déshydrate en profondeur. Répété tout un été, ça te donne des longueurs paille, cassantes et poreuses, qui n’accrocheront plus aucune couleur correctement pendant des mois. Les Vénitiennes le faisaient sans le savoir. Toi tu le sais. Donc si tu tentes le coup, une seule fois, et un masque nourrissant derrière.
Cherche les altane en te baladant, c’est le genre de détail qui change une visite. J’en parle dans Venise insolite, et mon guide complet est ici : visiter Venise.
Budapest — les thermes, un mode de vie ♨️
Budapest est construite sur des sources thermales, et les Hongrois s’y baignent depuis les Romains, puis les Ottomans. Les bains ne sont pas une attraction touristique là-bas, c’est le quotidien : les gens y vont après le travail, y jouent aux échecs, y passent le dimanche.
Les Széchenyi, les plus célèbres, avec leurs bassins extérieurs jaunes fumants en plein hiver. L’eau est chargée en soufre, calcium et magnésium, réputée pour les articulations et pour la peau. Et l’alternance chaud-froid, sauna puis bassin froid, c’est exactement le principe qu’on redécouvre aujourd’hui sous le nom de contrastothérapie.
J’y étais en hiver, et voir de la vapeur monter des bassins pendant qu’il gèle dehors, c’est une image qui reste. Tout mon séjour est raconté dans visiter Budapest en 3 jours.
France — et nous alors ? 💐
On va chercher des secrets à l’autre bout du monde, et on oublie qu’on est assises sur un sacré patrimoine. Petit tour de chez nous.
Le thermalisme. La France compte plus d’une centaine de stations thermales encore en activité, et une bonne partie d’entre elles sont spécialisées en dermatologie. Ce n’est pas un détail : deux des plus grosses marques de pharmacie françaises, Avène et La Roche-Posay, sont nées de leur source. L’eau thermale que tu t’asperges sur le visage en spray, elle vient littéralement d’un village thermal.
Moi, j’ai les Pyrénées à côté de chez moi, et Luchon est un cas à part. Là-bas, il y a le vaporarium : une galerie creusée dans la montagne où circule naturellement la vapeur des sources sulfureuses. Pas de chaudière, pas de machine — la montagne fait le boulot toute seule. C’est le seul hammam naturel de ce type en Europe, et l’air y est chargé de soufre, réputé pour les voies respiratoires et pour la peau. Tu ressors trempée et étrangement neuve. Je te consacre bientôt un article complet sur Luchon, en attendant tu peux commencer par mes 10 raisons de kiffer Toulouse, la porte d’entrée des Pyrénées.
Le savon de Marseille. Le vrai, c’est 72 % d’huile végétale, pas de parfum, pas de colorant, pas de conservateur. Trois ingrédients. Il a lavé les corps, les cheveux et le linge de tout le sud de la France pendant des siècles, et aujourd’hui on redécouvre le savon solide comme si on venait de l’inventer. 😅 Sur les peaux très réactives il peut être un peu décapant, mais pour le corps et le linge il n’a rien à envier à grand-chose. Va faire un tour dans visiter Marseille, les savonneries font partie de la balade.
Dans le même coin, on a aussi les eaux florales : rose, bleuet, fleur d’oranger. Grasse et son savoir-faire parfumier, la lavande de Provence. L’hydrolat, c’est la version française du geste tonique, et c’est vieux comme le monde.
Et les Parisiennes ? Leur grand délire, c’est la pharmacie. 💊
Ça peut faire sourire, mais c’est un vrai phénomène : les touristes étrangères arrivent à Paris avec une liste de courses de pharmacie, et certaines enseignes du 6e arrondissement ressemblent à des supermarchés un jour de grève, avec des files d’attente jusque dans la rue. Ce qu’elles viennent chercher : l’eau micellaire, les crèmes à trois francs six sous que nos mères utilisaient déjà, les baumes, les huiles sèches. Des produits sans esbroufe, efficaces, et vendus au tiers du prix qu’ils coûtent à New York ou à Tokyo.
C’est une vraie idée de virée si tu passes à Paris, et ça se glisse bien entre deux visites — mes balades par quartier sont ici : le 1er arrondissement et le 2e arrondissement.
Et puis il y a l’autre grand délire français, celui qu’on nous envie sans très bien savoir pourquoi : le « je ne fais rien ». Peu de maquillage, les cheveux qui sèchent à l’air, la mèche qui tombe mal mais qui tombe bien. La French girl, quoi.
Bon. Là je remets ma casquette de coiffeuse et je vends la mèche, c’est le cas de le dire. Le naturel négligé, ça demande une excellente coupe. Un dégradé bien fait, ça bouge tout seul et ça tient trois mois. Un dégradé mal fait, ça fait un casque. La différence entre les deux, ce n’est pas le talent naturel de la Parisienne pour l’insouciance, c’est un bon rendez-vous chez le coiffeur. 😄 Le vrai secret de beauté français, il est là : on investit dans la coupe, et après on ne fait plus rien.

Amériques : le temazcal mexicain
Je suis honnête avec toi : au Mexique, je n’ai pas fait de rituel beauté. Je te raconte quand même le principal, parce qu’il vaut le détour.
Le temazcal est une hutte de sudation d’origine préhispanique, une sorte de sauna cérémoniel en pierre ou en argile, où l’on verse de l’eau sur des pierres volcaniques brûlantes, souvent avec des herbes. C’est une pratique de purification, à la fois physique et spirituelle, guidée par un officiant. Beaucoup de resorts du Yucatán en proposent une version allégée.
À côté de ça, l’aloe vera et l’avocat sont utilisés depuis toujours dans les soins locaux — et l’huile d’avocat, très riche, est une excellente base de masque capillaire pour cheveux épais.
Si le Yucatán te tente, va voir mon road trip au Mexique et mon article sur Tulum, où l’on trouve le plus de ce genre d’expériences.
Ce que j’ai vraiment gardé de tout ça (avis de coiffeuse) 💇♀️
Voilà la partie que tu ne liras pas sur un blog de cosmétiques. Après toutes ces années à tester, à ramener des flacons et à voir passer des centaines de têtes dans mon salon, voici mon tri.
Ce qui marche vraiment et que j’utilise encore :
- Le bain d’huile avant shampoing. Coco, sésame, argan, peu importe. C’est le geste le plus efficace du lot, et c’est celui que toutes les cultures que j’ai croisées pratiquent. Ça n’est pas un hasard.
- Le ghassoul. Sur les cuirs chevelus qui réagissent mal aux détergents, c’est une solution que je propose régulièrement.
- Le massage du cuir chevelu. Sri Lanka, Inde, Thaïlande : partout on masse longuement avant de laver. Ça stimule la circulation, et franchement, ça fait du bien.
- La protection solaire quotidienne à la japonaise. Si je devais garder un seul truc de tout cet article, ce serait celui-là.
Ce qui est joli mais surtout du folklore :
- Les masques miracles à l’ingrédient unique. Non, le curcuma ne va pas transformer ta peau en trois jours.
- Le citron éclaircissant. Ça marche, mais le prix à payer sur la fibre est trop élevé.
- Une grande partie des « secrets ancestraux » vendus en flacon à 45 € dans les boutiques d’aéroport, qui sont surtout des secrets de marketing.
Ce qu’il faut vraiment retenir : aucun de ces rituels n’est magique en soi. Ce qui les rend efficaces, c’est la régularité et le temps qu’on y consacre. Les Japonaises ne passent pas dix minutes par jour sur leur visage à cause d’un produit miracle. Elles le font tous les jours, depuis toujours. C’est ça, le vrai secret, et il est gratuit. 🙂

Que ramener dans sa valise ?
Ma liste courte, testée :
- Thaïlande — huile de coco vierge, gel d’aloe vera, baume du tigre
- Sri Lanka — les huiles et baumes Spa Ceylon, et une huile capillaire ayurvédique
- Maroc — savon noir, gant kessa, ghassoul, huile d’argan cosmétique
- Japon — huile démaquillante, crème solaire (les textures japonaises sont incomparables), masques en tissu
- Émirats — un parfum à l’oud, ou du henné neutre
- Israël — sels et boue de la mer Morte
- France — savon de Marseille, eau thermale en spray, et un plein de pharmacie parisienne
⚠️ Pense aux formats. Tout ça, c’est du liquide, et si tu voyages en cabine uniquement, tu vas pleurer. J’ai fait la liste de ce que j’emporte et comment je m’organise dans mon article sur la trousse de toilette de voyage.
Prendre soin de ses cheveux quand on bouge tout le temps
Parce que c’est bien joli de collectionner les rituels du monde, encore faut-il gérer le quotidien : le soleil, le sel, le chlore, l’eau calcaire des hôtels, les douze heures d’avion. J’ai deux articles dédiés à ça, et ils sont faits pour être lus ensemble :
Et si tu veux prolonger côté bien-être en voyage, va voir manger sainement en voyage et voyager, c’est bon pour la santé.

FAQ
Quel est le rituel beauté le plus efficace de tous ?
Le bain d’huile avant shampoing. Il est pratiqué en Asie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, sous des formes différentes mais avec la même logique, et il fonctionne réellement sur la fibre capillaire. C’est aussi le moins cher.
Peut-on faire un hammam quand on n’est pas à l’aise avec la nudité ?
Oui. Dans les hammams traditionnels, on garde généralement une culotte ou un maillot de bain, et les espaces sont séparés hommes/femmes. Tu peux aussi opter pour un hammam d’hôtel, plus intime et plus doux, si tu préfères une première fois en douceur.
Les onsen japonais acceptent-ils les tatouages ?
Pas toujours. Beaucoup les refusent encore. Il existe cependant des établissements tattoo-friendly, des bains privatifs qu’on peut réserver à l’heure, et parfois la possibilité de couvrir un petit tatouage avec un patch. Renseigne-toi avant de réserver ton ryokan.
Un massage thaï, ça fait mal ?
Ça peut surprendre, oui. Si tu es sensible ou si c’est ta première fois, demande un massage à l’huile plutôt qu’un massage thaï traditionnel, et n’hésite pas à dire « bao bao » — doucement.
Est-ce que ces produits se trouvent en France ?
Une partie, oui, en boutiques bio ou en ligne. Mais le prix n’a souvent rien à voir, et la fraîcheur non plus, notamment pour les huiles. C’est pour ça que je remplis ma valise sur place.



