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Visiter Kandy : ferveur, dosas et routes de la mort 😅🌿

Si tu pensais que Kandy était une petite ville tranquille posée là au milieu des collines sri lankaises… et bien pas vraiment. Ou plutôt si, mais à sa façon. Visiter Kandy au Sri lanka c’est un concentré d’émotions, de spiritualité, de klaxons, et de nourriture incroyable. Après nos 48 heures à Mirigama le changement d’ambiance est radical.

Ce qui frappe d’emblée avec cette ville, c’est qu’elle est à la fois ancienne et vivante. Pas figée dans son histoire comme un musée à ciel ouvert, mais palpitante, bruyante, parfumée. Les temples cohabitent avec les vendeurs de rue, les moines en robe safran croisent les scooters vrombissants, et l’odeur de l’encens se mélange à celle des fritures. C’est un chaos doux, si tant est que ça puisse exister.

Aujourd’hui, je t’embarque avec moi pour une journée (et un bout de nuit) à Kandy, telle que je l’ai vécue : intense, belle, parfois épuisante, souvent magique. Installe-toi confortablement, prends un thé (de Ceylan évidemment), on y va.

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16h00 – En route pour Kandy 🚐💨

Il est 16h quand nous prenons la route direction Kandy. L’objectif est clair, net, précis : arriver avant la fermeture du Temple de la Dent. Pas après. Pas « on verra ». Avant.

Parce que oui, le Temple de la Dent (Sri Dalada Maligawa pour les intimes), c’est LE lieu sacré du Sri Lanka. Celui où serait conservée une relique ultra précieuse : une dent de Bouddha. Rien que ça. Et clairement, on n’allait pas rater ça pour avoir traîné en chemin.

Sur la route, le paysage commence doucement à changer. Les plaines cèdent la place aux premières ondulations, les collines se dessinent à l’horizon, la lumière décline sur les champs de riz et les cocotiers. C’est beau, terriblement beau, mais notre stress monte proportionnellement à l’heure qui défile. On surveille nos montres. On surveille la route.

Heureusement, nous avons Chatura, notre driver. Et quand je dis « driver », je devrais dire magicien du volant. Le genre de mec qui connaît chaque virage, chaque trou, chaque tuk-tuk suicidaire de l’île — et il y en a, crois-moi. Chatura conduit avec une sérénité que je lui envie profondément. Pas une goutte de sueur. Pas un soupir. Juste un sourire tranquille et ses deux mains assurées sur le volant pendant qu’on doublait des bus à l’aveugle dans des virages en épingle à cheveux.

Mission accomplie : 18h30, Chatura nous dépose pile devant le temple. Le temple ferme à 20h. Timing parfait. On se regarde, on sourit, on respire. On y est.

18h30 – Le Temple de la Dent : frissons garantis 🙏✨

On arrive pile au moment — rare, très rare — de l’ouverture de la pièce où serait exposée la fameuse dent de Bouddha. La coïncidence est trop belle pour être vraie, et pourtant si.

Et là… comment te dire.

Avant même d’entrer, il faut enlever ses chaussures. On pose les pieds sur les dalles fraîches du parvis, et déjà quelque chose change. Une sorte de ralentissement intérieur. On baisse inconsciemment la voix, on observe davantage, on se laisse porter par l’atmosphère.

L’ambiance à l’intérieur est impressionnante. Une foule compacte, dense, vivante. Ça prie, ça murmure, ça chante parfois. Ça se bouscule aussi, beaucoup — on n’est clairement pas les seules à avoir eu l’idée de venir. Des familles entières sont là, des enfants habillés de leurs plus beaux atours, des anciens aux visages creusés par la foi et les années. Chacun veut apercevoir le trésor, même une fraction de seconde, même à travers dix têtes.

Sans surprise, nous ne verrons pas la dent en vrai. Clairement mission impossible dans cette marée humaine. Mais honnêtement ? Ce n’est pas le plus important. Ce serait même presque passer à côté du vrai spectacle que de s’obstiner à chercher la relique.

Ce que je retiens surtout, c’est la ferveur des locaux. Cette foi palpable, presque physique. Tu la ressens dans le silence soudain qui tombe sur certains visages, dans les mains jointes serrées très fort, dans les regards tournés vers l’intérieur. C’est une émotion que les mots capturent mal. On est étrangères ici, on ne partage pas cette religion, et pourtant quelque chose passe. Quelque chose d’universel.

Nous déposons nos offrandes : des fleurs achetées juste devant le temple à notre arrivée, auprès des marchandes installées là depuis des décennies semble-t-il. Lotus, jasmin, frangipanier. Un geste simple, mais chargé de sens. On imite les gestes des autres, on fait de notre mieux pour être respectueuses.

Le temple en lui-même est absolument fabuleux. Les bâtiments s’articulent autour d’une cour centrale, les toitures à plusieurs niveaux sont couvertes de tuiles dorées qui brillent dans la lumière de fin de journée. Les détails sculptés sur chaque colonne, chaque porte, chaque frise sont d’une finesse incroyable — on pourrait passer des heures à les examiner. Et les jardins. Mon dieu, les jardins. Des pelouses impeccables, des arbres centenaires, des bassins où se reflète le ciel qui rosit.

J’ai déjà visité pas mal de temples en Thaïlande, et j’en ai aimé beaucoup. Mais ici, l’ambiance est totalement différente. Plus solennelle, plus profonde peut-être. Moins touristique aussi, même si les visiteurs ne manquent pas. On sent qu’on est dans un lieu qui vit vraiment, qui respire, qui a un cœur qui bat.

Je ressors de là un peu sonnée, mais profondément touchée. Certains endroits te laissent une trace. Celui-là en fait partie.

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📖 Petit point culture – L’histoire du Temple de la Dent

Le Temple de la Dent, aussi appelé Sri Dalada Maligawa, est l’un des lieux bouddhistes les plus sacrés au monde. Il abriterait une relique exceptionnelle : une dent de Bouddha, sauvée de son bûcher funéraire au IVᵉ siècle avant J.-C.

Selon la légende, la dent aurait été apportée au Sri Lanka au IVᵉ siècle après J.-C., cachée dans les cheveux d’une princesse indienne pour la protéger pendant son voyage. Un geste à la fois poétique et courageux, qui dit beaucoup sur la valeur accordée à cette relique. Depuis, elle est devenue bien plus qu’un objet de dévotion religieuse : elle symbolise le pouvoir et la légitimité des rois. Pendant des siècles, posséder la dent signifiait avoir le droit de gouverner le pays. Pas de dent, pas de trône. La relique comme enjeu politique autant que spirituel — c’est fascinant.

Le temple actuel, situé en bordure du lac de Kandy, date du XVIIIᵉ siècle, mais l’histoire du lieu remonte bien plus loin. Il fait aujourd’hui partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, distinction amplement méritée. La dent n’est jamais montrée directement au public : elle est conservée dans plusieurs reliquaires dorés imbriqués les uns dans les autres, comme des poupées russes sacrées, et n’est exposée symboliquement que lors de certaines cérémonies spéciales, notamment l’Esala Perahera, la grande procession annuelle.

Bref, tu ne viens pas ici juste visiter un temple : tu entres dans le cœur spirituel et historique du Sri Lanka. Et ça, ça se ressent vraiment dès le premier pas.


20h30 – Dosas et bonheur simple 🥞😍

Après tant d’émotions, une seule chose nous obsède : manger. Pas de manière sophistiquée ou touristique. Manger pour vrai, manger local, manger ce que les gens d’ici mangent le soir quand ils rentrent chez eux.

On s’arrête dans le centre de Kandy pour déguster des dosas. Si tu ne connais pas : ce sont des sortes de crêpes indiennes, fines et incroyablement croustillantes, cuites sur une grande plaque chaude et généralement fourrées ou accompagnées de diverses garnitures — pommes de terre épicées, légumes sautés, chutneys de toutes les couleurs, sambar fumant dans un bol à part. C’est une cuisine qui vient du Tamil Nadu, mais qui a traversé le détroit de Palk depuis des générations et s’est parfaitement acclimatée ici.

Le restaurant Balaji dosai — si on peut appeler ça un restaurant, c’est plutôt une sorte de fast food version indienne — est bondé. Bonne signe, toujours. On commande en montrant du doigt et en souriant beaucoup. Ça marche étonnamment bien comme technique.

Verdict ?

Exceptionnel.

Vraiment, sans exagérer une seule seconde. Je me régale comme rarement. La pâte est fermentée à la perfection, la texture croustillante à l’extérieur et légèrement moelleuse au centre, les épices dosées avec une précision qui te fait fermer les yeux à la première bouchée. Le chutney à la noix de coco est frais, légèrement sucré, parfaitement équilibré avec le piment. Le sambar est fumé, profond, réconfortant.

C’est simple. C’est savoureux. C’est exactement ce dont on avait besoin après une journée pareille.

Et puis il y a quelque chose de particulier dans le fait de manger à côté des locaux, dans ce bruit de fond de conversations en cingalais, avec les ventilateurs qui tournent au plafond et la rue qui s’anime dehors. Ce n’est pas du tourisme. C’est juste la vie.

Kandy de nuit commence à s’agiter autour de nous pendant qu’on finit nos assiettes. Les lumières des boutiques se reflètent sur l’asphalte humide, quelques jeunes traînent devant des échoppes, des familles se promènent en bord de lac. Mais nous, on est déjà un peu ailleurs. Fatiguées. Heureuses.

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22h00 – Le French Garden Kandy : dodo bien mérité 🏨🌙

À 22h, nous arrivons totalement épuisées à l’hôtel : le French Garden Kandy. Et même si à ce stade j’aurais pu dormir dans une cabane en tôle, la bonne surprise n’en est que plus appréciable.

L’hôtel est charmant. Vraiment. La piscine est chouette — entourée de verdure, bien entretenue, et éclairée d’une lumière douce qui la rend immédiatement tentante même à 22h. Les chambres sont confortables, avec ce qu’il faut de fraîcheur climatisée et des draps propres qui sentent bon. L’endroit respire le calme, et après la ferveur du temple et le bruit du centre-ville, ce silence est un cadeau.

Une douche plus tard — une de ces douches où tu regardes l’eau brunir sous tes pieds et tu réalises à quel point la journée a été physiquement intense — plus aucune énergie pour quoi que ce soit. Pas pour lire, pas pour scroller, pas pour parler. La journée a été d’une intensité rare.

Je m’écroule. Fin de game.

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9h00 – Petit-déjeuner et nature luxuriante 🌺☕

Après une nuit réparatrice — merci l’épuisement, merci l’air de montagne, merci les draps frais — on démarre la journée avec un breakfast au top à l’hôtel. Fruits frais coupés en morceaux généreux, œufs préparés comme on aime, thé de Ceylan évidemment (on serait mal vus de demander autre chose), et tartines avec du beurre et de la confiture de papaye. Tout est là. C’est suffisant. C’est parfait.

À 9h, direction le jardin botanique de Kandy, officiellement appelé le Jardin botanique royal de Peradeniya. Et là, franchement, j’aurais voulu avoir encore une journée entière rien que pour ce endroit.

Ce jardin, connu dans tout le Sri Lanka et au-delà, est une pépite absolue. Il a été fondé en 1821 par les Britanniques sur le site d’un ancien jardin royal, et s’étend sur près de 60 hectares le long de la rivière Mahaweli — la plus longue du pays. Soixante hectares. De quoi se perdre, et c’est exactement ce qu’on fait.

La serre aux orchidées d’abord : une explosion de couleurs, de formes improbables, de délicatesse. Il y a des espèces dont je ne soupçonnais pas l’existence, des teintes qui semblent sorties d’une peinture expressionniste. On avance lentement, on s’arrête tous les deux pas.

Ensuite les allées, impeccables, bordées de spécimens d’arbres venus des quatre coins du monde — des palmiers aux silhouettes folles, un gigantesque ficus centenaire aux racines aériennes qui forment presque une forêt à lui tout seul, des bambous géants qui bruissent dans la brise. C’est apaisant d’une façon presque médicale.

Et les singes. Oh, les singes. On les avait oubliés ceux-là. Des macaques a la coupe improbable qui se baladent avec une assurance absolue, qui te regardent avec ce mélange d’indifférence et de calcul qui leur est propre. L’un d’eux a essayé de faire main basse sur le sac d’une autre touriste. Il n’a pas réussi, mais il a essayé, et il n’avait pas du tout l’air contrit.

On passe deux bonnes heures à arpenter les allées, à s’extasier, à prendre mille photos, à s’arrêter tous les dix mètres devant quelque chose de nouveau. Et puis, au détour d’un arbre, on lève les yeux… et là : des chauves-souris géantes. Des énormes roussettes de la taille d’un petit chat, tranquillement suspendues aux branches hautes, tête en bas, ailes repliées comme des manteaux de velours noir. Elles sont par dizaines — peut-être des centaines — absolument indifférentes à notre présence. C’est impressionnant, un peu flippant, mais surtout fascinant. Elles dorment, ou du moins font semblant de dormir, pendant qu’on les scrute bouche bée depuis le bas. Encore un rappel que la nature, ici, joue clairement dans une autre catégorie.

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👉 Mon retour d’experience d’une visite du jardin botanique de Kandy à lire ICI

C’est beau, c’est apaisant, c’est le contrepoint parfait à la ferveur de la veille. Si le temple t’emplit de quelque chose d’intense et de vertical, le jardin t’offre quelque chose d’horizontal et de doux. Les deux se complètent parfaitement.

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11h00 – Direction Ella : la route des dangers 😬🏔️

À 11h, c’est reparti. Direction Ella.

On prend place dans le van, on boucle les ceintures — ce détail qui était accessoire la veille prend soudain beaucoup plus de sens. Chatura démarre, et on commence à grimper.

Et là… comment dire.

Les virages sont serrés. Très serrés. Pas serrés comme sur une route de montagne française bien tracée avec des glissières de sécurité et des panneaux de limitation de vitesse. Serrés comme dans « je vois le vide à quarante centimètres de ma portière et je préfère ne pas y penser ». La route monte. Beaucoup. Elle s’enroule autour des collines comme un fil qu’on aurait tendu là par hasard, sans vraiment se soucier de la logique.

Les freins du van commencent à couiner. Pas un petit couinement discret. Un couinement affirmé, presque revendicatif. Un couinement qui dit « je suis là, je travaille, mais je sais pas encore pour combien de temps ».

On rit. Nerveusement.

Tu sais ce rire qui débarque quand on n’a pas vraiment le choix, quand l’anxiété cherche une sortie et que la seule disponible c’est le fou rire. Chaque doublage de tuk-tuk un peu trop près du vide est accompagné d’un silence pesant, suivi d’un expiration collective, suivi dudit fou rire un peu hystérique. On est dans un état second entre l’émerveillement pour les paysages — parce que les paysages sont époustouflants, des vallées profondes tapissées de forêts, des cascades qui tombent le long des falaises, des nuages qui s’accrochent aux crêtes — et la conscience aiguë de notre propre fragilité.

Mais encore une fois, Chatura gère. Toujours calme. Toujours précis. Pas une hésitation, pas une erreur. Il nous amène à bon port, saines et sauves, comme si c’était la chose la plus simple du monde.


11h30 – Fruits, miel et bienveillance 🍍🍯

Pause improvisée chez Arm Lanka Fruits, tenu par… le frère de notre driver. Oui, tout est lié au Sri Lanka. On s’en était déjà rendu compte, mais ici ça prend une dimension presque cosmique : qui que tu rencontres, quelqu’un connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un. L’île est grande et pourtant elle semble toute petite.

L’échoppe ne paye pas de mine depuis la route — quelques caisses de bois, un auvent en tôle, une balance qui penche légèrement d’un côté. Mais comme souvent au Sri Lanka, il ne faut pas se fier aux apparences. Ce qui sort de cet endroit est une explosion de saveurs.

L’homme — souriant, attentionné, visiblement ravi de nous accueillir — nous prépare une salade de fruits frais absolument divine. Mangue mûre à point, ananas qui pique juste ce qu’il faut, papaye fondante, le tout saupoudré d’une pincée de piment et d’un filet de citron. On s’assoit sur un banc de bois et on mange là, face à la vallée, dans un silence de contemplation totale. Le soleil en bouche. La paix dans les yeux.

Et comme si ça ne suffisait pas — et au Sri Lanka, ça ne suffit jamais, il y a toujours quelque chose de plus — il nous offre une bouteille de miel. Un miel récolté localement, épais et doré, avec ce goût de fleurs sauvages et de forêt qu’on ne trouve pas dans les supermarchés. Un cadeau gratuit, offert sans arrière-pensée, juste parce que c’est comme ça qu’on fait ici.

On est encore une fois touchées par cette bienveillance naturelle des Sri Lankais. Rien n’est forcé. Tout est sincère. Il y a quelque chose dans la culture de ce pays — une forme d’hospitalité qui n’attend rien en retour — qui te réconcilie profondément avec l’humanité.

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13h00 – Plantations de thé et Ceylan dreams 🍃☕

Nous traversons ensuite les plantations de thé, et là, les mots manquent vraiment. Ou plutôt, les mots existent — vert, infini, ondulant, irréel — mais ils ne rendent pas justice à la réalité. Les collines sont couvertes d’un manteau uniforme de théiers soigneusement taillés, formant des vagues douces qui se succèdent jusqu’à l’horizon. Dedans et là, des silhouettes de cueilleuses de thé en saris colorés, le panier attaché dans le dos, les mains qui volent d’une branche à l’autre avec une dextérité acquise en une vie entière. C’est une image que j’avais vue en photo mille fois, et qui est pourtant cent fois plus belle en vrai.

Arrêt à la plantation et visite de l’usine.

On y apprend comment se fabrique le thé de Ceylan, de la feuille à la tasse. C’est fascinant. La cueillette d’abord — seules les deux feuilles du haut et le bourgeon sont récoltés, le reste est laissé pour la prochaine fois. Ensuite le flétrissage, l’oxydation, le roulage, le séchage. Chaque étape transforme la feuille, la concentre, lui donne ce caractère qui varie selon le degré d’oxydation — du thé blanc délicat au thé noir puissant. Et le Sri Lanka, selon l’altitude à laquelle pousse le théier, donne des profils de saveurs radicalement différents.

Anecdote improbable de la journée : le prince Charles venait ici en hélicoptère pour son approvisionnement personnel. Clairement, les vans qui couinent sur des routes vertigineuses, ce n’était pas trop son truc. On ne lui en veut pas, mais on note quand même qu’il ratait tout le plaisir du voyage.

La visite se termine par une dégustation — thé chaud, proprement versé dans des tasses en porcelaine, que l’on boit en regardant les collines par les fenêtres — et une boutique. Oui, c’est touristique. Oui, on a quand même acheté. Les prix restent corrects et le thé est vraiment bon. Et puis franchement, rentrer en France sans ramener du thé de Ceylan de Ceylan, ce serait un peu comme rentrer d’Italie sans parmesan.

👉 Réserve ta visite de la plantation de thé à Kandy ICI

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15h00 – Encore des virages… et du karaoké 🎤🍚

Retour sur la route. Toujours plus haut. Toujours plus étroit. Le van prend de l’altitude avec une détermination qu’on admirerait davantage si on n’était pas aussi conscientes des ravins tout proches. Les freins crissent à nouveau — ils semblent avoir trouvé leur rythme de croisière — et on s’est resignées : il faut gravir la montagne pour arriver à Ella ce soir, et c’est ainsi.

On rit… jaune. Mais on rit quand même.

Pause déjeuner salvatrice au restaurant Eat More de Nuwara Eliya, ville que les Britanniques avaient surnommée « Little England » à cause du climat frais et des jardins bien ordonnés. On comprend pourquoi en y arrivant — il y fait notablement plus frais qu’au bord de mer, et quelque chose dans l’architecture des vieilles bâtisses coloniales évoque effectivement plus les Cotswolds que les tropiques.

Mais le restaurant, lui, n’a rien de britannique. Accueil de folie — le propriétaire vient nous serrer la main comme si on était des amis de longue date — et riz frit absolument au top du top. Un riz parfumé aux épices locales, avec des légumes sautés, des œufs brouillés, des petits morceaux de poulet marinés. Ça réchauffe, ça réconforte, ça donne le courage de remonter dans le van.

Et parce que rien n’est jamais banal au Sri Lanka, et que la vie ici a décidément un sens de l’humour très développé : karaoké improvisé.

Oui. Vraiment.

Je ne sais pas exactement comment ça a commencé. Un écran, une télécommande, des chansons en cingalais que personne dans notre groupe ne connaît, et pourtant cinq minutes plus tard tout le monde chante. Ou plutôt, tout le monde fait semblant de chanter, ce qui est finalement encore mieux. Les rires s’enchaînent, quelqu’un connaît apparemment « My Heart Will Go On » par cœur, et la situation dérape merveilleusement.

Un moment totalement surréaliste et absolument génial. Le Sri Lanka dans toute sa splendeur inattendue.

👉 Emplacement du fabuleux resto Eat More Nuwara Eliya

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18h00 – Arrivée à Ella : enfin 😌🌄

Quand on arrive enfin à destination, le soulagement est immense. Les muscles se décrispent. On respire autrement. On sourit d’un sourire qui vient du ventre.

Kandy nous aura offert une journée — et une nuit — d’une richesse folle. De la spiritualité des heures passées dans l’ombre sacrée du temple à la douceur apaisante du jardin botanique. Des émotions dans la foule en prière aux éclats de rire dans un van qui couine. De la générosité spontanée d’un vendeur de fruits à l’excellence inattendue d’un riz frit en altitude. De la majesté des plantations de thé au karaoké improvisé en plein restaurant.

Une de ces journées qui te rappellent pourquoi tu voyages. Pas pour cocher des cases sur une liste, pas pour des photos Instagram (enfin, pas seulement), mais pour cette sensation d’être vivante à deux cents pour cent, de ressentir des choses que ta vie quotidienne ne t’offre pas, de te souvenir que le monde est grand et surprenant et beau.

Et crois-moi, ce n’est que le début.


Et si on avait eu plus de temps à Kandy… ✨

Clairement, Kandy mérite bien plus qu’une simple escale. Si on avait pu rester une ou deux journées de plus, voilà ce qui était sur notre liste — et qui justifie à 100 % un futur retour :

Se balader autour du lac de Kandy, surtout au lever ou au coucher du soleil, quand la ville ralentit enfin un peu et que l’eau reflète les collines boisées. C’est une de ces promenades simples qui ne coûtent rien et valent tout.

Assister à un spectacle de danses traditionnelles kandyennes, très réputées dans la région. Ces danses combinent acrobaties, costumes élaborés et musiques de tambours dans quelque chose d’absolument envoûtant. Des spectacles sont organisés presque chaque soir pour les visiteurs — c’est touristique, oui, mais c’est aussi une vraie transmission culturelle.

Explorer les trois temples bouddhistes autour de la ville — Asgiriya, Malwatte et l’International Buddhist Museum — pour mieux comprendre les différentes traditions et les nuances d’un bouddhisme qui n’est pas monolithique. Chacun a sa propre histoire, sa propre atmosphère.

Prendre le temps de flâner dans le marché central de Kandy, pour observer la vie locale, se perdre entre les étals d’épices, de fruits, de vêtements et de babioles. Sentir le curcuma, le girofle, la cannelle fraîchement râpée. Goûter à tout et n’acheter que ce dont on a besoin — ou pas, d’ailleurs.

Faire une pause café ou un massage ayurvédique, histoire de redescendre après l’intensité spirituelle et physique de la visite du temple. L’ayurveda est originaire de cette partie du monde, et un vrai massage aux huiles essentielles dans un spa local n’a rien à voir avec ce qu’on connaît en Europe.


Bref, Kandy n’est pas une ville qu’on « fait ». C’est une ville qu’on vit. Elle te donne à chaque heure quelque chose de différent — de l’émotion, de la sérénité, de l’adrénaline, du rire, du recueillement. Elle est épuisante et revivifiante en même temps. Elle te prend beaucoup et te redonne encore davantage.

Et clairement… il faudra revenir. 🙏🌿

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