
Le Japon, c’est le genre de destination qui te trotte dans la tête pendant des années avant que tu ne poses enfin le pied à Narita. Alors autant savoir ce que tu veux y vivre. Voici les 44 expériences qui composent, pour moi, la vraie bucket list japonaise : les incontournables assumés, les trucs qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et quelques pépites dont personne ne parle assez.
Le voyage en un coup d’œil
Destination : Japon (Honshu, Kyushu, Hokkaido, îles de la mer intérieure)
Villes clés : Tokyo, Kyoto, Osaka, Nara, Hiroshima, Kanazawa, Takayama
Durée idéale : 14 à 21 jours pour un premier voyage
Type de voyage : culture, gastronomie, nature, pop culture — solo, en couple ou en famille
Transport : Shinkansen, métro (carte Suica/Pasmo), bus locaux, vélo
Budget : à partir d’environ 90 € par jour et par personne hors vols
⚠️ À savoir : beaucoup d’expériences japonaises se réservent des semaines, voire des mois à l’avance (teamLab, musée Ghibli, certains ryokans, l’ascension du mont Fuji). Ce n’est pas un pays où l’on improvise à 100 %.
Comment se servir de cette bucket list 🎌
Le Japon est un pays long. Très long. De Sapporo à Okinawa, il y a la même distance que de Lille à Alger, et personne ne coche 40 cases en deux semaines. L’idée n’est donc pas de tout faire d’un coup, mais de piocher : trois ou quatre expériences par grande catégorie, réparties sur ton itinéraire, et tu obtiens un voyage équilibré au lieu d’un marathon de temples.
Et si tu veux la vue d’ensemble du pays — itinéraires, villes, infos pratiques — tout est rassemblé sur ma page Japon.
J’ai classé les 44 expériences en six familles : les mégapoles, le Japon traditionnel, la nature, la gastronomie, la pop culture, et les moments saisonniers. Si tu aimes ce format, tu retrouveras la même logique dans ma bucket list Asie, ma bucket list Thaïlande et ma bucket list voyage générale.
🏙️ Tokyo et les mégapoles : 8 expériences à vivre

1. Traverser Shibuya Crossing à l’heure de pointe
Le carrefour le plus photographié du monde, et pourtant l’expérience réelle surprend toujours : jusqu’à 3 000 personnes traversent en même temps, dans un silence de dingue. Pas de klaxons, pas de bousculade, juste un ballet parfaitement huilé. Traverse-le d’abord au niveau du sol pour ressentir la vague humaine, puis va le regarder d’en haut depuis le Starbucks du Tsutaya ou depuis la passerelle de Shibuya Scramble Square. Le meilleur moment ? Entre 18h et 20h en semaine, quand la ville sort du travail et que les néons viennent de s’allumer.
2. Voir Tokyo d’en haut au coucher du soleil
Tokyo n’a pas de fin. C’est un truc qu’on ne comprend qu’en montant : l’horizon est saturé de bâtiments jusqu’à la limite du regard. Shibuya Sky, avec sa terrasse à ciel ouvert au 47e étage, reste l’option la plus spectaculaire (et par temps clair, le mont Fuji se découpe à l’ouest). Si tu veux jouer petit budget, l’observatoire de la mairie de Tokyo à Shinjuku est gratuit. Réserve ton créneau Shibuya Sky en ligne plusieurs jours avant : les slots du coucher de soleil partent les premiers. Si tu aimes les panoramas urbains, tu retrouveras la même émotion dans mon article sur les meilleurs rooftops de Bangkok.
3. Boire un verre dans les ruelles d’Omoide Yokocho ou du Golden Gai
Deux poches de Shinjuku que la modernité n’a jamais avalées. Omoide Yokocho, c’est un dédale de baraques à yakitori grandes comme un placard, enfumées, avec six tabourets et un patron qui fait tout. Le Golden Gai, à deux pas, aligne plus de 200 micro-bars sur quelques ruelles, chacun avec son thème et sa personnalité. Attention : certains établissements pratiquent un « table charge » de 500 à 1 000 ¥ et quelques-uns refusent les non-japonophones. Ce n’est pas de l’hostilité, c’est une question de place. Pousse une autre porte, il y en a 199 autres.
4. Se noyer dans une œuvre teamLab
L’art numérique immersif japonais est une catégorie à part entière, et les deux musées teamLab de Tokyo sont les plus visités au monde dans leur genre. teamLab Borderless, à Azabudai Hills, se parcourt comme un labyrinthe sans plan : les œuvres migrent d’une salle à l’autre et réagissent à ta présence. teamLab Planets, à Toyosu, se vit pieds nus, dans l’eau, avec des salles où tu marches littéralement dans une galaxie. Compte 3 200 ¥ environ pour Planets et 3 800 ¥ pour Borderless, et réserve tes billets en ligne : les créneaux du week-end se remplissent des semaines à l’avance.

5. Petit-déjeuner au marché de Tsukiji
Le marché aux poissons de gros a déménagé à Toyosu, mais le marché extérieur de Tsukiji est resté et c’est là que ça se passe pour nous. Arrive vers 8h, l’estomac vide, et fais le tour en picorant : brochettes de coquilles Saint-Jacques grillées, omelette tamagoyaki sur bâtonnet, oursin frais, thé grillé. Le tout pour une poignée de pièces. Et si tu veux voir la fameuse criée au thon de Toyosu, c’est 5h du matin et sur inscription. Un petit-déjeuner sur un marché, c’est mon rituel numéro un en voyage — comme au marché de Chatuchak à Bangkok.
6. Faire le grand écart entre Harajuku et Meiji Jingu
À cinq minutes de marche l’un de l’autre : d’un côté Takeshita Dori, la rue la plus sucrée, la plus bruyante et la plus adolescente de Tokyo, avec ses crêpes géantes et ses boutiques kawaii ; de l’autre, le sanctuaire Meiji Jingu, ses torii de cyprès de 12 mètres et ses 100 000 arbres plantés à la main. Le contraste, en 300 mètres, résume tout le Japon. Fais-le dans cet ordre : le sanctuaire le matin quand il est encore silencieux, la rue ensuite quand la folie démarre.
7. Passer une soirée à Akihabara
Le quartier de l’électronique est devenu le sanctuaire mondial du jeu vidéo, du manga et de la figurine. Monte les sept étages d’un Super Potato pour fouiller les cartouches Famicom, perds 2 000 ¥ dans les distributeurs à gachapon (il y en a des murs entiers), et surtout entre dans une salle d’arcade Taito : cinq niveaux de bruit, de jeux de rythme et de grues à peluches. Même sans être gamer, l’expérience sensorielle vaut le détour.
8. Faire ses courses dans un konbini à 2h du matin
Ça a l’air anecdotique, c’est pourtant l’un des souvenirs que tout le monde ramène. Les supérettes 7-Eleven, Lawson et FamilyMart sont ouvertes 24h/24 et proposent des onigiri parfaitement frais, des sandwichs aux œufs devenus culte, du poulet frit, des desserts au matcha et du café correct pour 150 ¥. C’est aussi là que tu retires de l’argent (les distributeurs des konbini acceptent les cartes étrangères, contrairement à beaucoup de banques japonaises). Un décalage horaire mal digéré + un konbini = une des expériences les plus japonaises qui soient.
💡 Le conseil voyage de Jipsee
Achète une carte Suica ou Pasmo dès ton arrivée (ou ajoute-la directement dans le Wallet de ton iPhone). Elle sert dans tous les métros et bus du pays, mais aussi dans les konbini, les consignes automatiques et la plupart des distributeurs. Zéro ticket à acheter, zéro monnaie à compter : tu bipes et tu passes.
Du business hotel à 60 € au ryokan traditionnel avec onsen privatif, le Japon a une gamme d’hébergements incroyablement large — mais les bonnes adresses partent très tôt, surtout en saison des cerisiers et des érables. Je compare toujours ces deux plateformes avant de réserver : les tarifs varient beaucoup d’un site à l’autre sur l’Asie.
Voir les hôtels sur Booking Comparer sur Trip.com⛩️ Le Japon traditionnel : 8 expériences intemporelles

9. Monter Fushimi Inari avant le lever du soleil
Dix mille torii vermillon qui grimpent le flanc du mont Inari, à Kyoto. Le sanctuaire est ouvert 24h/24 et gratuit, ce qui change absolument tout : à 6h du matin, tu montes seule dans un tunnel orange, avec les corbeaux et la brume, et c’est le genre de moment qu’on n’oublie pas. À 11h, c’est une file indienne de selfies. La montée complète jusqu’au sommet demande deux heures aller-retour, mais 80 % des visiteurs abandonnent au premier belvédère : au-delà, tu es quasiment seule.
10. Marcher dans la bambouseraie d’Arashiyama
Des tiges de bambou de vingt mètres qui claquent au vent au-dessus de ta tête, avec cette lumière verte filtrée qui ne ressemble à rien d’autre. Même remarque que pour Fushimi Inari : viens avant 8h ou renonce à l’ambiance. Enchaîne avec le temple Tenryu-ji et son jardin classé, puis traverse le pont Togetsukyo. Le quartier se fait très bien à vélo depuis le centre de Kyoto.
11. Se promener en kimono dans les ruelles de Higashiyama
Les rues pavées de Ninenzaka et Sannenzaka qui montent vers le temple Kiyomizu-dera sont l’image d’Épinal du Kyoto ancien : maisons de bois, boutiques de thé, toits incurvés. Louer un kimono ou un yukata pour la journée coûte entre 3 000 et 6 000 ¥, coiffure comprise dans certains salons, et c’est une expérience appréciée localement, pas un déguisement mal vu. Petit conseil de coiffeuse : demande une attache basse et souple plutôt qu’un chignon très serré, tu tiendras la journée sans mal de crâne. J’en parle plus longuement dans mon article sur comment prendre soin de ses cheveux en vacances.
12. Dormir une nuit dans un ryokan
C’est la ligne de la bucket list qui coûte le plus cher, et celle que personne ne regrette. Un vrai ryokan, c’est : tatamis, portes coulissantes en papier, yukata fourni, futon déroulé pendant que tu dînes, bain commun, et un dîner kaiseki de dix services servi dans ta chambre. Compte 200 à 500 € la nuit pour deux dans un bon établissement (Hakone, Kinosaki, Takayama, Kyoto). Une seule nuit suffit à transformer le voyage. Réserve six mois avant pour les plus réputés.

13. Se baigner dans un onsen
Le bain thermal japonais est une institution, avec ses règles : on se lave assise sur un tabouret avant d’entrer, on entre nue (les maillots sont interdits), la petite serviette ne touche jamais l’eau. Les bains sont non mixtes dans l’immense majorité des cas. Point important : beaucoup d’onsen refusent encore les tatouages, associés au crime organisé. Renseigne-toi avant, ou cherche un ryokan avec « kashikiri buro » (bain privatisable) ou un onsen « tattoo friendly », de plus en plus fréquents.
14. Participer à une cérémonie du thé
Une heure assise en seiza, à regarder quelqu’un fouetter du matcha avec une précision de chirurgien. Dit comme ça, ça ne vend pas de rêve — dans les faits, c’est une leçon de lenteur assez bouleversante. Kyoto regorge d’ateliers en anglais, souvent dans une maison traditionnelle, autour de 3 000 à 5 000 ¥ pour une session d’une heure. Choisis un atelier en petit groupe (six personnes maximum) plutôt qu’une grosse structure.
15. Croiser les daims sacrés de Nara
Mille deux cents daims en liberté dans un parc urbain, considérés comme messagers des dieux depuis le VIIIe siècle. Ils s’inclinent pour réclamer un biscuit (les fameux shika senbei vendus 200 ¥), et certains y vont franchement — tiens tes cartes et ton plan hors de portée. Nara est à 45 minutes de Kyoto et abrite aussi le Todai-ji, où siège un Bouddha de bronze de 15 mètres dans l’un des plus grands bâtiments en bois du monde. Une journée suffit largement.
16. Découvrir Kanazawa, la Kyoto sans la foule
Sur la côte de la mer du Japon, à 2h30 de Tokyo en Shinkansen, Kanazawa aligne un jardin classé parmi les trois plus beaux du pays (Kenroku-en), un quartier de geishas préservé (Higashi Chaya), un district de samouraïs aux murs de terre, et un musée d’art contemporain remarquable. La ville produit 99 % de la feuille d’or du Japon, d’où les glaces recouvertes d’or qu’on voit partout. C’est ma recommandation numéro un pour qui veut du traditionnel sans les hordes de Kyoto.
🌿 Nature et grands paysages : 8 expériences

17. Voir le mont Fuji (et pourquoi pas le gravir)
Le Fuji-san est capricieux : il se cache derrière les nuages plus souvent qu’il ne se montre, et les meilleures chances sont en hiver, par temps sec et froid. Les deux spots mythiques : la pagode Chureito à Fujiyoshida, et les rives du lac Kawaguchiko — tous deux accessibles en excursion à la journée depuis Tokyo. Pour l’ascension, les règles ont changé : un péage de 4 000 ¥ par personne s’applique désormais sur les quatre sentiers, la réservation en ligne est requise, le sentier Yoshida est plafonné à 4 000 randonneurs par jour et l’ascension nocturne d’une traite est interdite. La saison va de début juillet à début septembre uniquement.
18. Voir le torii flottant de Miyajima
Le grand portique vermillon d’Itsukushima, planté dans la mer, est l’une des trois vues classiques du Japon. À marée haute, il semble flotter ; à marée basse, tu peux marcher jusqu’à ses pieds. Consulte les horaires de marée avant de prendre le ferry depuis Hiroshima (45 minutes au total) ; l’excursion Hiroshima + Miyajima à la journée depuis Osaka ou Kyoto est une option confortable. Reste dormir sur l’île si tu peux : quand les excursionnistes repartent vers 17h, Miyajima redevient un village avec des daims dans les rues.
19. Marcher sur le Kumano Kodo
Un réseau de chemins de pèlerinage millénaires dans les montagnes de la péninsule de Kii, inscrit à l’UNESCO — et jumelé avec le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Tu peux en faire une portion sur deux jours (la route Nakahechi, de Takijiri-oji à Hongu) en dormant dans des minshuku, ou t’offrir une semaine complète. Au bout : la cascade de Nachi et sa pagode rouge, l’une des photos les plus emblématiques du Japon.
20. Passer une nuit à Shirakawa-go
Un village de maisons gassho-zukuri, ces fermes aux toits de chaume ultra pentus conçus pour supporter des mètres de neige, classées à l’UNESCO. Le piège : 90 % des visiteurs viennent en bus pour deux heures. Dors sur place dans une de ces maisons transformées en pension familiale, et tu auras le village pour toi au coucher du soleil. En hiver, quelques soirées d’illumination sur réservation transforment l’endroit en carte postale.

21. Se perdre dans la forêt de Yakushima
Une île subtropicale au sud de Kyushu, couverte de cèdres millénaires, de mousses et de brume permanente — le décor qui a inspiré Princesse Mononoké. La randonnée de Shiratani Unsuikyo se fait en une demi-journée et te plonge dans une forêt verte fluo qui semble respirer. Il y pleut énormément : imperméable obligatoire, chaussures qui sèchent vite, et zéro déception si tu acceptes que l’humidité fasse partie du décor.
22. Faire le tour de Naoshima, l’île-musée
Dans la mer intérieure de Seto, une ancienne île industrielle reconvertie en laboratoire d’art contemporain. On y vient pour le Chichu Art Museum enterré dans la colline (architecture Tadao Ando, Monet en lumière naturelle), les maisons d’art disséminées dans le village, et la citrouille à pois de Yayoi Kusama posée sur un quai. Loue un vélo électrique au port et compte une journée pleine. Les musées ferment le lundi.
23. Attendre le train devant la mer à Kamakura-Kōkōmae
À une heure de Tokyo, la petite ligne Enoden longe la côte entre Kamakura et Enoshima, et s’arrête à Kamakura-Kōkōmae : un quai minuscule posé face au Pacifique, avec un passage à niveau devenu culte grâce au générique de Slam Dunk. Le rituel est simple : tu attends que la barrière se baisse, le petit train vert et crème passe, et derrière lui il y a la plage de Shichirigahama, les surfeurs, et par temps clair le mont Fuji qui se découpe au-dessus de l’eau. Enchaîne avec le Grand Bouddha de Kamakura et le sanctuaire d’Enoshima pour une journée parfaite. Une consigne : reste sur le trottoir et ne bloque pas la circulation, le quartier est habité et excédé par les photographes indisciplinés.
24. Pédaler sur la Shimanami Kaido
Soixante-dix kilomètres de piste cyclable qui relient Honshu à Shikoku en sautant d’île en île sur une série de ponts suspendus spectaculaires. C’est plat, très bien balisé, faisable en une journée pour un cycliste régulier ou en deux jours tranquilles avec une nuit à Omishima. Location de vélo à Onomichi avec restitution à l’arrivée. L’un des plus beaux itinéraires cyclables du monde, et étonnamment peu connu des voyageurs français.
💡 Le conseil voyage de Jipsee
Les consignes automatiques des gares et le service de transfert de bagages (takkyubin) changent la vie au Japon. Pour 2 000 ¥ environ, ta valise voyage seule d’un hôtel à l’autre et t’attend à l’arrivée. Tu prends le Shinkansen avec un simple sac à dos, et tu peux caser une randonnée ou une nuit en ryokan entre deux villes sans traîner tes 20 kilos. Je te donne mes autres réflexes bagages dans mon article indispensables pour un voyage en avion.
🎟️ Visites guidées, excursions au mont Fuji, ateliers de cuisine : je réserve mes activités à l’avance, elles affichent complet très vite au Japon.
Voir les activités🍜 Gastronomie : 8 expériences à ne pas rater

25. Manger un ramen seule dans une cabine
Chez Ichiran et ses imitateurs, tu commandes sur un distributeur, tu remplis une fiche (intensité du bouillon, dureté des nouilles, quantité d’ail, niveau de piment), tu t’installes dans un box individuel séparé par des cloisons, et un rideau se lève juste le temps qu’une paire de mains dépose ton bol. Zéro interaction, zéro jugement, concentration totale sur la nourriture. Pour qui voyage seule, c’est une petite révolution — j’en parle aussi dans voyager seule quand on est une femme.
26. S’asseoir au comptoir d’un sushiya
Oublie les plateaux à 30 pièces. Le vrai luxe japonais, c’est huit places au comptoir, un chef qui te sert pièce par pièce, à la température exacte, en te disant quoi tremper et quoi ne pas tremper. Ça existe à tous les prix : de 3 000 ¥ le midi dans un sushiya de quartier à plusieurs centaines d’euros dans un étoilé. Et si tu veux le rapport qualité-prix maximal, va dans un kaiten-zushi (sushis sur tapis roulant) : la qualité des chaînes japonaises n’a rien à voir avec ce qu’on connaît en France.
27. Cuisiner ton okonomiyaki sur la plaque
La « crêpe » salée à base de chou, d’œuf et de farine, avec des variantes qui déclenchent des guerres régionales : à Osaka, tout est mélangé avant cuisson ; à Hiroshima, c’est monté en couches avec des nouilles yakisoba. Dans beaucoup d’adresses, tu la cuis toi-même sur le teppan encastré dans ta table. Sauce brune, mayonnaise en zigzag, katsuobushi qui danse sous la chaleur : c’est la nourriture de rue la plus réconfortante du pays.
28. Faire une tournée street food à Dotonbori
Osaka se surnomme elle-même « la cuisine du Japon » et sa devise officieuse est le kuidaore : se ruiner en mangeant. À Dotonbori, sous les néons et le fameux panneau du coureur Glico, enchaîne takoyaki (boulettes de poulpe brûlantes, souffle dessus, vraiment), kushikatsu (brochettes panées — interdit de retremper dans la sauce commune) et crabe géant. C’est bruyant, gras, absolument parfait.

29. Passer une soirée dans un izakaya
Le bistrot japonais : petites assiettes à partager, bière fraîche, sake, tables serrées et ambiance qui monte. Tu commandes au fur et à mesure, on t’apporte souvent un otoshi (amuse-bouche facturé d’office, ce n’est pas une arnaque, c’est le couvert). Beaucoup proposent le nomihodai, boissons à volonté pendant 90 ou 120 minutes pour un forfait. C’est là que tu verras les salarymen tomber la cravate — le vrai visage social du pays.
30. Déjeuner un ekiben dans le Shinkansen
Les bento de gare sont un art à part entière : chaque région a le sien, présenté dans une boîte soignée, souvent avec un système chauffant intégré. Achète-le sur le quai, installe-toi côté fenêtre (côté D ou E entre Tokyo et Kyoto pour apercevoir le Fuji), déplie la tablette, et regarde le pays défiler à 280 km/h pendant que tu manges du bœuf de Yonezawa. C’est ça, le Japon.
31. Goûter au vrai wagyu
Le persillage du bœuf japonais est classé sur une échelle allant jusqu’à A5, et la texture n’a aucun équivalent : ça fond, littéralement. Trois façons de s’y frotter : le yakiniku (tu grilles toi-même de fines tranches sur un brasero), le shabu-shabu (bouillon), ou le teppanyaki. Un menu wagyu correct démarre autour de 4 000-6 000 ¥ le midi. Sers-toi de la carte plutôt que des rabatteurs de rue.
32. Boire un matcha là où il est produit
À Uji, entre Kyoto et Nara, on cultive le thé depuis le XIIe siècle. Tu peux y visiter des maisons de thé, moudre ta propre poudre à la meule de pierre et goûter un matcha si intense qu’il rend les versions occidentales ridicules. Complète avec une pause kissaten à Tokyo : ces cafés rétro des années 60-70, avec leurs sièges en velours et leur café filtre servi à l’ancienne, sont une capsule temporelle magnifique.
🎮 Pop culture, artisanat et insolite : 8 expériences

33. Chanter dans une box de karaoké privée
Rien à voir avec le karaoké de bar occidental : ici, tu loues une pièce insonorisée pour ton groupe, avec tambourins, téléphone pour commander des boissons et catalogue de morceaux internationaux. Compte 1 000 à 2 000 ¥ par personne pour deux heures, moins cher en journée. Même (surtout) si tu chantes faux : la honte n’existe pas dans une box fermée à clé. C’est l’activité idéale un soir de pluie.
34. Observer les macaques dans leur onsen à Jigokudani
Dans la vallée de Yudanaka, près de Nagano, une troupe de macaques japonais descend se baigner dans une source chaude naturelle, l’air profondément satisfait, avec de la neige sur la tête. Le parc s’atteint après 1,6 km de marche en forêt. C’est bien plus spectaculaire de décembre à mars, quand le contraste neige/vapeur/singes est maximal — mais les singes viennent toute l’année.
35. Entrer dans l’univers Ghibli
Deux options complémentaires. Le musée Ghibli de Mitaka, à Tokyo, est un petit bijou artisanal : billets à date et heure fixes, mis en vente le 10 de chaque mois pour le mois suivant, et épuisés en quelques minutes. Le Ghibli Park, près de Nagoya, est bien plus vaste et reconstitue les décors des films grandeur nature, également sur réservation. Dans les deux cas : photos interdites en intérieur. C’est frustrant deux minutes, et libérateur ensuite.
36. Assister à un entraînement de sumo
Les six grands tournois annuels ne durent que quinze jours chacun et les billets s’arrachent. L’alternative accessible toute l’année : assister au keiko, l’entraînement matinal, dans une écurie de Tokyo qui ouvre ses portes aux visiteurs accompagnés d’un guide. Tu es assise à deux mètres, en silence absolu, pendant que des colosses s’affrontent dans un cercle d’argile depuis 6h du matin. Impressionnant.

37. Dormir dans un capsule hotel
Une couchette d’un mètre sur deux, un rideau, une prise, une lumière, et des parties communes impeccables avec bains et vestiaires. Pour 3 000 à 6 000 ¥ la nuit, c’est l’hébergement japonais par excellence et une expérience à faire au moins une fois. Les versions modernes ressemblent davantage à des cocons design qu’à des tiroirs. Vérifie simplement qu’il y a un étage réservé aux femmes, c’est la norme dans les bons établissements.
38. Passer une heure dans un café à thème
Tokyo a fait du café thématique un art de vivre légèrement absurde. Il y a les valeurs sûres officielles — le Pokémon Café à Nihonbashi, le Kirby Café, les cafés pop-up d’animés qui changent tous les mois — où l’on réserve en ligne des semaines avant pour manger un curry en forme de personnage. Il y a les maid cafés d’Akihabara, sur-joués et franchement bizarres, mais culturellement fascinants. Et il y a les cafés à animaux : chats, hiboux, hérissons, micro-cochons. Sur ce dernier point, je te le dis franchement : la majorité de ces établissements gardent des animaux nocturnes ou craintifs sous néons toute la journée. Un vrai café à chats en libre circulation, à la rigueur. Les hiboux et les hérissons, je passe mon tour.
39. Fabriquer son carnet dans une papeterie japonaise
La papeterie est une religion nationale et personne ne repart les mains vides. Le temple absolu, c’est Itoya à Ginza : douze étages de stylos, d’encres, de washi et de papiers à lettres, avec un étage entier consacré aux calligraphies. Mais mon vrai coup de cœur est ailleurs, à Kuramae : chez Kakimori, tu composes ton carnet sur mesure — couverture, papier intérieur, reliure, élastique, fermoir — et tu peux même faire mélanger ton encre personnalisée dans la boutique voisine. Compte environ 2 000 à 4 000 ¥ pour un carnet, une heure sur place, et le meilleur souvenir de voyage possible. Bien plus juste qu’un porte-clés, comme je l’explique dans mes idées cadeaux voyage.
40. Chiner un couteau à Kappabashi, la rue des couteliers
Entre Asakusa et Ueno, Kappabashi Dougu Street aligne sur 800 mètres près de 170 boutiques dédiées aux ustensiles de cuisine : c’est ici que tous les restaurateurs de Tokyo s’équipent. On y vient pour les couteaux forgés à la main — santoku, nakiri, yanagiba — que les vendeurs affûtent et gravent à ton nom en quelques minutes, à partir de 8 000 ¥ pour une belle lame d’entrée de gamme. On y trouve aussi les fameux faux plats en résine des vitrines de restaurants, des moules à wagashi, des théières en fonte. Attention au retour : le couteau part obligatoirement en soute. Kuramae est à quinze minutes à pied, fais les deux dans la même matinée.
🌸 Les expériences saisonnières : 4 moments à viser

41. Vivre un hanami sous les cerisiers
Fin mars à mi-avril, selon les régions et les années, le pays entier s’arrête pour regarder des fleurs. Les familles déroulent des bâches bleues dans les parcs, mangent, boivent et rient sous les pétales, du matin jusqu’à la nuit tombée (le yozakura, cerisiers illuminés, est la version nocturne). Le front des floraisons monte du sud vers le nord : si Kyoto est passée, Tohoku fleurit encore. Réserve tes hôtels six mois à l’avance, c’est la période la plus chère de l’année.
42. Voir rougir les érables en automne
Le momiji, de mi-novembre à début décembre, est l’autre grand rendez-vous — et à mon sens le plus beau. Les érables passent au rouge sang, les ginkgos au jaune électrique, la lumière est basse et dorée, la météo stable, les températures douces. Les temples de Kyoto organisent des illuminations nocturnes spéciales. C’est aussi une saison légèrement moins bousculée que celle des cerisiers.
43. Se laisser embarquer par un matsuri
Le Japon compte des milliers de festivals traditionnels : le Gion Matsuri de Kyoto en juillet et ses chars monumentaux, l’Awa Odori de Tokushima en août et ses danseurs par milliers, le Nebuta d’Aomori et ses chars lumineux géants. Tombe sur un matsuri par hasard et tu verras un pays d’ordinaire très réservé se lâcher complètement. Vérifie les dates avant de fixer ton itinéraire, ça vaut le coup de caler le voyage dessus.
44. Découvrir le Japon sous la neige
L’hiver est la saison la plus sous-estimée : ciel dégagé (donc mont Fuji visible), tarifs plus doux, temples enneigés, et l’un des meilleurs domaines de poudreuse du monde à Hokkaido. Ajoute le festival de la neige de Sapporo début février, avec ses sculptures de glace monumentales, et les onsen en extérieur dans lesquels tu trempes pendant qu’il neige sur tes épaules. Difficile de faire plus japonais.
Réserver ses activités au Japon
Les trois plateformes que j’utilise pour le Japon. Elles ne proposent pas exactement les mêmes choses : je compare systématiquement avant de réserver, les écarts de prix sont parfois énormes sur une même visite.
🎟️ GetYourGuide
Le plus large choix de visites guidées francophones, d’ateliers de cuisine et de coupe-files. Annulation gratuite jusqu’à 24h avant.
Voir les activités🗣️ Civitatis
Ma référence pour les excursions en français : mont Fuji, Nara, Hiroshima et Miyajima à la journée depuis les grandes villes.
Voir les excursions🚄 Klook
L’incontournable pour tout ce qui est logistique en Asie : pass de transport, eSIM, JR Pass régionaux, billets teamLab et parcs.
Voir sur KlookCertains liens ci-dessus sont affiliés : tu paies le même prix, et tu soutiens le blog.
🗓️ Quand partir pour cocher un maximum de cases
Il n’y a pas de mauvaise saison au Japon, seulement des priorités différentes.
- Printemps (mars-mai) : cerisiers, températures douces, foule maximale et prix maximaux.
- Été (juin-août) : saison des pluies en juin, puis chaleur lourde et humide, mais c’est la seule fenêtre pour gravir le Fuji et la meilleure pour les matsuri.
- Automne (septembre-novembre) : mon choix. Érables, ciel clair, températures parfaites, risque de typhon uniquement en début de saison.
- Hiver (décembre-février) : froid sec, neige, tarifs bas, ski et onsen. Le Japon le plus intime.
💴 Combien coûte un voyage au Japon
Le mythe du Japon hors de prix a la vie dure. En réalité, avec un yen historiquement bas, le pays est aujourd’hui plus abordable que beaucoup de capitales européennes sur les postes du quotidien. Un déjeuner correct coûte 800 à 1 200 ¥, un ramen 1 000 ¥, une nuit en business hotel 60 à 90 €, l’entrée d’un temple 300 à 600 ¥.
Le poste qui fait mal, ce sont les transports longue distance. Un aller Tokyo-Kyoto en Shinkansen tourne autour de 13 000 ¥. Le Japan Rail Pass coûte désormais 50 000 ¥ pour 7 jours, 80 000 ¥ pour 14 jours et 100 000 ¥ pour 21 jours, après une hausse d’environ 70 % en octobre 2023 — et une nouvelle augmentation via les revendeurs étrangers est annoncée pour octobre 2026. Résultat : il n’est plus rentable pour l’itinéraire classique Tokyo-Kyoto-Osaka. Fais le calcul de tes trajets avant d’acheter, et regarde du côté des pass régionaux, souvent bien plus malins.
Pour te construire un budget réaliste sans te priver, mes deux articles complémentaires : économiser pour voyager et organiser son voyage étape par étape.
🧳 Bien préparer son Japon
Trois réflexes qui changent tout :
La connexion. Une eSIM ou un pocket wifi est quasi indispensable : les applications de transport (Google Maps fonctionne remarquablement bien au Japon) sont ton meilleur guide, et le wifi public reste inégal.
Le liquide. Le Japon s’est fortement digitalisé, mais beaucoup de petits restaurants, de temples et de marchés restent en espèces. Garde toujours quelques milliers de yens sur toi.
Les réservations. Musée Ghibli, teamLab, ryokans réputés, restaurants au comptoir, ascension du Fuji : tout se réserve en amont. Ma méthode complète pour ne rien louper est ici : comment réserver ses activités de voyage.
Côté paperasse, les Français bénéficient d’une exemption de visa pour un séjour touristique de courte durée — je détaille ce fonctionnement dans mon article sur les destinations sans visa avec un passeport français. Et pour le vol de 12 heures qui t’attend, ma trousse de toilette de voyage et mon comparatif du meilleur masque de nuit pour voyager sont tes alliés contre le décalage horaire.
💡 Le conseil voyage de Jipsee
Ne cale pas plus de deux villes par semaine. La tentation, sur un premier voyage, c’est d’enchaîner Tokyo-Hakone-Kyoto-Nara-Osaka-Hiroshima en dix jours. Tu passeras ton séjour dans les trains et tu rentreras épuisée. Deux bases, des excursions à la journée autour, et tu auras le temps de flâner — ce qui est exactement là où le Japon se révèle.
❓ Questions fréquentes sur un voyage au Japon
Combien de temps faut-il pour un premier voyage au Japon ?
Deux semaines constituent la durée minimale confortable pour un premier voyage au Japon. Elles permettent de combiner Tokyo, Kyoto et une troisième étape (Osaka, Hakone ou Kanazawa) sans courir. Avec dix jours, limite-toi à deux villes. Avec trois semaines, tu peux ajouter Hiroshima, Miyajima et une île.
Le Japon est-il adapté à un voyage en solo ?
Oui, le Japon est considéré comme l’une des destinations les plus sûres et les plus faciles au monde pour voyager seule. Les transports sont fiables, la criminalité est très basse, les restaurants au comptoir et les cabines individuelles sont conçus pour les repas solitaires. Mes conseils détaillés sont dans voyager seule à 40 ans.
Faut-il parler japonais ?
Non, mais il faut accepter que l’anglais soit limité en dehors des grandes villes. Les panneaux des gares sont bilingues, les applications de traduction visuelle fonctionnent très bien sur les menus, et une dizaine de mots de politesse (arigatō, sumimasen, onegaishimasu) ouvrent beaucoup de portes.
Le JR Pass vaut-il encore le coup ?
Plus systématiquement. Depuis la hausse de 2023, il faut au minimum trois à quatre longs trajets en Shinkansen sur sept jours pour l’amortir. Sur un itinéraire Tokyo-Kyoto-Osaka classique, les billets à l’unité reviennent moins cher. Les pass régionaux (Kansai, Hokuriku, JR West) sont souvent la meilleure option.
Quelle est la meilleure période pour voir les cerisiers ?
La floraison a généralement lieu entre fin mars et mi-avril à Tokyo et Kyoto, avec un décalage vers avril-mai au nord et vers mars au sud. Les prévisions officielles sont publiées à partir de janvier, mais la fenêtre ne dure qu’une dizaine de jours : c’est un pari, et il faut réserver bien avant de savoir.
Le Japon est-il une destination chère ?
Moins qu’on ne le croit, sauf sur les transports longue distance. Manger, se loger et visiter coûtent aujourd’hui souvent moins cher qu’à Paris ou à Londres. Compte 90 à 130 € par jour et par personne hors vols pour un voyage confortable, et davantage si tu multiplies les trajets en Shinkansen et les nuits en ryokan.
Et maintenant ? 🌏
Cette bucket list est une base, pas un programme. Coche ce qui te fait vibrer, ignore le reste sans culpabilité, et garde toujours une demi-journée sans rien de prévu par ville : c’est souvent là que se logent les meilleurs souvenirs. Le Japon récompense la lenteur bien plus que la performance.
Pour continuer à rêver avant le départ, file vers ma page Japon et ma page voyage en Asie, ma sélection des meilleurs livres de voyage par pays, et si tu veux prolonger le continent, ma page Thaïlande et ma page Sri Lanka regorgent d’idées. Et pour ceux qui font escale en chemin, mon guide 24 heures d’escale à Doha peut te faire gagner une destination bonus.
Certains liens de cet article sont des liens affiliés : si tu réserves via eux, je touche une petite commission sans que cela change quoi que ce soit à ton prix. C’est ce qui permet à Jipsee de rester gratuit.
